Voici comment annuler un peu (beaucoup ??) de CO2 grâce au chanvre

Problématique

Les dernières projections du GIEC sont très inquiétantes, les choses sont mal engagées vis-à-vis des objectifs de réduction des émissions de CO2 compatibles avec une augmentation limitée à 2°C.
Pourtant pleinement conscient du problème, réduire efficacement ses propres émissions est très compliqué : l’usage de la voiture et des transports, du numérique etc semblent indispensables à notre vie « civilisée » et au confort auquel notre génération est trop habitué pour s'en passer. La plupart des entreprises sont dans le même piège : leur impact écologique est intrinsèquement polluant et émetteur de CO2.

Selon toute vraisemblance, les petits gestes du quotidiens n’ont pas la bonne échelle de grandeur pour contribuer significativement à une amélioration radicale et une atteinte des objectifs !

Le salut passe peut-être par une action cumulée de réduction des émissions, d’absorption active du CO2 déjà émis dans l’atmosphère.

La façon la plus efficace d’absorber le CO2, c’est la nature qui nous la fournit au travers des plantes et de la photosynthèse.

On peut donc envisager de puiser le carbone en plantant des végétaux…

On pense immédiatement aux arbres. Si cela fonctionne globalement, c’est un processus très long et le CO2 retourne généralement dans l’atmosphère en fin de cycle (soit comme combustible, soit par dégradation)
De plus planter des arbres empiète sur des terres cultivables, réduisant ainsi les capacité de production de nourriture déjà mis à mal par le réchauffement, le manque d’eau etc..

L’idée

Il s’agit de planter des végétaux à grande échelle collectivement partout où cela est possible sur des emplacements a priori non cultivés. On peut le faire à la main ou aidé de drones de type agricoles spécialement conçus. On planterait ainsi des milliers de parcelles de quelques m² !  

Que faire pousser ? Il faut une ou des plantes à très forte croissante,  fixant le carbone essentiellement dans ses racines, résistantes, nécessitant peu ou pas d’eau, peu sensible aux nuisibles.
Le chanvre est identifié comme le candidat idéal car il absorbe 15T de CO2 par Ha soit plus qu’une forêt sachant que d’autres plantes en cocktail pourraient également faire l’affaire.
il s’agit en outre d’une plante aux multiples applications venant impacter de manière négative les émissions de CO2 : alimentation (graines, huile, boisson végétale); matériaux de construction écologiques (béton de chanvre, isolant), biocarburants, emballage compostables….)

L’image écologique et positive que cette plante représente est également un puissant symbole à même de mobiliser le plus grand nombre de volontaires.

Il existe bien sûr également des plantes génétiquement conçues pour cette usage :  ICI

Il existe des techniques d'enrobage des graines germées qui permettent de favoriser le développement des plantes même en terrain aride et non préparé. L'enrobage leur permet de fournir un milieu nutritif pour la plante et répulsif pour les petits animaux susceptible de venir croquer des graines bien fraîches.

Avantages

Source Jancovici et plan fillière chanvre

Le temps compte énormément. Ici, on ne compense pas dans 10 ans comme avec les arbres, c'est chaque année et c'est tout de suite.

Le potentiel semble énorme : combien y'a t'il de surface inutile ?

On ne remplace pas des terres agricoles

Une réponse à la diminution ineluctable de l'approvisionnement en pétrole qui se produira au cours du 21ème siècle, le carbone généré pouvant être en partie utilisé pour fabriquer du carburant

Ordre de grandeur

Avec un peu plus de 5 tonnes par habitant, la France affiche le meilleur chiffre des grands pays industrialisés (G20) (source lemonde.fr)

Avec 67 Millions d'habitants en 2019, c'est donc 335 000 000 de tonnes qu'il faut compenser en France

Les zones non cadastrées représentent en france : 16 590 km2 sur 543 940 km2, soit 16 590 000 Ha (3%)

Admettons que l'on parvienne à semer 0.1% de ces zones : cela représente 1,6 Millions d'Ha, à raison de 15T /Ha, nous compensons un peu plus de 22 Millions de tonnes, soit 6.5% de l'intégralité des emissions françaises. Pas si mal !

Un défi technologique

Pour que l'action ait un intéret, nous devons planter sur des espaces non utilisés pour autre chose : des ronds-points, bords de route, espaces privés ou publics vierges et « inutiles », espaces verts d’entreprises, particuliers volontaires, collectivités.

Un ensemble de règles strictes doivent être définies (emplacement plutôt inaccessible à pied mais accessible en drone, privé, clôturé…) loin des clôtures et des chemins…

Le projet fais donc intervenir la vision par ordinateur et l’IA

Il faut optimiser les emplacements graine par graine par analyse de critères de sol, d’implantation (intelligence artificielle) pour favoriser la croissance et respecter les règles établies.

Analyse spectrale pour hygrométrie, type de sol etc …

J’ai imaginé aussi un site web dédié à la déclaration des espaces de plantation volontaires sur lesquels nos drones auraient l’autorisation de planter.

Dans l’idéal, il faut aussi récolter !

pour capturer définitivement le carbone et valoriser cette récolte pour rendre le encore plus positif.
Plusieurs options :

- Faire appel au volontariat pour ramener la récolte vers un point de collecte (y compris auprès des mairies et collectivités espaces verts etc…)

- Développer des drones spécifiques pour récupérer les graines, les feuilles et les tiges séparément

Dans la mesure où le produit de cette récolte n'est pas contrôlé, seuls certains usages paraissent possibles tels que la transformation en agro-carburant, ou en fibres pour le batiment. Nous sommes malheureusement contraint d'oublier tout usage alimentaire des graines ici.

Quelques défis politiques

Obtenir des autorisation de survol nécessaire.
Produire des drones extrêmement fiables  et à bonne autonomie (qui ne crashent pas) et totalement automatiques.

Note : L’état d’urgence climatique étant déclarée au niveau européen, obtenir ces autorisation devrait pouvoir se faire avec probablement quelques règles restrictives.

Note : La seule obligation légale par rapport à la plantation de chanvre consiste à s’approvisionner en graines auprès de HempIt et de déclarer l’emplacement des plantations, ce que nous pourrons faire de manière extrêmement précise à la « tige » prêt ;)
A priori, il n'y a pas de restriction majeure sur le plan réglementaire.

Chiffres et sources de données

1 Ha de chanvre absorbe 15T de CO2 (source plan filière interchanvre)

En première approximation, une forêt en croissance absorbe de l’ordre de 2 tonnes de carbone à l’hectare par an (jancovici)

Les résultats ACV (Analyse du cycle de vie), permettent d’établir un bilan de – 0.35 kg CO² eq./UF/an, alors que la majorité des matériaux usuels (blocs béton + isolant ; Monomur TC ; Béton Cellulaire), émettent + 0.50 kg CO² eq./UF/an, et plus.

La plante fait 3 mètres de haut à maturité et creuse des racines à plus d’un mètre de profondeur.

Idéalement, on cherche à obtenir un peuplement final de 100 à 150 plants/m2. Cela correspond à environ 25 à 30 kg/ha de semences. Ce taux est en fonction du poids de 1000 graines qui varie entre 16 à 19 g et du pourcentage de germination du cultivar. 

Les drones existants pour les arbres sont capables de planter 36000 graines par jour. C’est nettement insuffisant : il en faudrait 1000000 !

La période de plantation dure 2 à 3 mois… Idem pour la récolte

Un drone standard peut emporter 1.2  Kg pour un vol de 10 minutes (25% de reserve de batterie)

Les drones volent entre 60 et 200 km/h pour les plus rapides. Compter 100km/h
 Pour atteindre ses objectifs climatiques, la France devrait valoriser 250 euros la tonne de CO2 évitée en 2030 et 775 euros en 2050.

La tonne de CO2 évitée aujourd'hui vaut 54 euros. 

Les émissions des six gaz à effet de serre atteignent 53,4 Gt CO2 en 2016 (soit 53.000.000.000.000 Kg)

Un m³ de bois vert pèse un peu moins d’une tonne. Une fois sec, c'est 600 kg pour des arbres européens, dont la moitié est du carbone. Le bois sec contient donc à peu près 500 kg de carbone par tonne, ou 300 kg de carbone par m³. Les forêts européennes contiennent donc de l’ordre de 25 à 90 tonnes de C à l’hectare pour la seule végétation. Actuellement, les émissions humaines de gaz carbonique que la biosphère ne recycle pas naturellement sont de l’ordre de 3.000.000.000 tonnes de carbone par an (source : https://jancovici.com)

En 2014 les émissions de CO2 par habitant en france étaient de 4,57 tonnes (source banque mondiale)

La base de données Basias, qui constitue un inventaire des anciens sites industriels et activités de service pouvant être à l’origine de pollutions des sols. Elle recense approximativement 300 000 à 400 000 sites potentiellement pollués, dont certains sont à l’état de friche (soit approximativement 100 000 hectares). (source ademe)